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jeudi 29 octobre 2009

Pas la même page de calendrier

Carolane a tout juste 27 ans. Plus tôt cette année, nous nous rencontrons lors de réunions du milieu communautaire. Comme nos discussions sont intéressantes et que nous semblons connecter sur plusieurs points d'intérêt, nous nous donnons rendez-vous à un café sur la rue Racine. Les cafés ont rapidement lieu deux à trois fois par semaine et j'y trouve bien sûr un réconfort. Les MSN et Facebook nous font échanger davantage et, progressivement, les longues conversations téléphoniques et les visites en personne s'ajoutent.

Je parle de Carolane à une compagne de travail que j'apprécie bien gros et cette dernière me demande si je ne vois pas en elle une blonde potentielle. «Bien sûr que non, lui dis-je. Elle a 16 ans de différence avec moi!» Ma collègue a essayé de me convaincre que je pouvais surmonter cet obstacle facilement, qu'elle est bel et bien majeure.

Je me lance dans une explication détaillée comme une liste, ancrée dans mes croyances profondes: «Premièrement, le fait qu'elle ait 27 ans et moi, 43, dérange en ceci qu'elle a de nombreuses expériences et aventures à vivre. Je suis établi avec une famille issue de relations de couple passées, avec des enfants à qui je consacre temps et attention. Aussi, si elle veut des enfants plus tard... Avec la grande famille que j'ai, c'est sage que je m'arrête là.» Bref, au bout de mon discours, j'ai fait comprendre à ma collègue que ne pas être dans la même page de calendrier entraînait pour moi plus de stress qu'avec une dame de mon âge. Bien entendu, l'étincelle en moi jaillit davantage devant les «filles» sensiblement de mon époque! De toute façon, avec Carolane, c'est clair pour moi que c'est une amitié que j'apprécie et c'est bien comme ça. Je ne pense pas que ce soit différent pour elle.

J'ai eu des blondes plus vieilles que moi et, oui, pas mal plus âgées que moi. Huit, douze, quinze ans. L'histoire de «la page de calendrier» vient toujours nous rattraper, malgré la tentative désespérée de se convaincre du contraire.

Je rencontre Carolane plusieurs fois à notre café habituel et elle m'accueille de jour en jour d'une manière plus chaleureuse... Voire même rapprochée. L'évidence de quelque chose qui bouillonne dans ses idées se fait plus persistente. J'entreprends alors mon explication toute prête en me disant qu'au pire, nous resterions amis et reprendrions nos conversations où nous les avons laissées la veille. Ha!

La jeune femme reçoit mes mots comme une tonne de glaçons, déversés sur sa tête. Essayant de dissimuler sa peine, elle tente maladroitement de trouver un rendez-vous oublié, quelque excuse pour quitter subitement. Une vingtaine de jours passent sans que je puisse établir un contact avec elle. Puis, aussi soudainement, elle apparaît sur MSN. J'ai droit moi aussi à toute une explication dévoilant sa peine et sa désillusion. L'amitié, telle que nous l'avons connue, ne survit pas.

Nos conversations sont, depuis, très polies mais sans plus. J'aime espérer qu'elle comprendra mon point de vue et je souhaite un jour pouvoir lui laisser savoir que je comprends le sien. Mais nos mondes gravitent autour de soleils différents, à dix ou quinze années lumières l'un de l'autre.

- Jeff

mercredi 16 septembre 2009

Syndrome de la femme battue, suite du billet



Suite aux commentaires sur le billet «Le syndrome de la femme battue, même si t'es pas battue», je réponds:

Oui, c'est vrai, la femme battue a plus de chances d'être blessée ou tuée. Je ne discute pas ces faits et je pense que tout le monde en est déjà bien informé. Le but du billet précédent était de faire prendre conscience à de jeunes débutantes comme Alexis que tu n'as pas besoin de recevoir des coups de poing pour appeler ça un manque de respect et de la violence. Ou de l'abus.

Je continue donc sur cette lancée. Alexis, le syndrome de la femme battue, c'est un mal complexe et je ne m'étendrai pas éternellement sur les moindres détails. Je rappelle aux détailleux que parler partiellement d'un sujet ne veut pas dire qu'on ignore le reste ou qu'on le minimise. Petit rappel aux victimistes-martyristes. Alors, la partie du sujet que je veux souligner ici est cet empêchement qu'on a à se sortir de la situation, même quand on la conscientise parfaitement, et des moyens de s'en sortir.

Généralement, les femmes souffrant (et c'est souffrant!) du syndrome de la femme battue (SFB) vont nier ou se convaincre que ce n'est pas si pire. Mais quand tu es rendue où tu le conscientises et que tu sens que quelque chose t'empêche de franchir le dernier pas avant la libération... Je ne te parlerai pas des causes psychologiques ni des patterns paternels qui t'ont probablement poussée là, mais plutôt des chemins qui s'offrent à toi pour t'en sortir.

Un des empêchements à bouger - souvent - est la peur du rejet, de l'abandon ou de la solitude morale. Un bon réseau d'amis sincères aide à amenuiser ce sentiment. Un bon coach de vie comme Chantal Beaupré peut aider à se débarrasser complètement de cette peur. Comment? Elle te fait voir les chemins que tu as en toi et autour de toi, les portes qui te sont ouvertes, les solutions simples et applicables à court et à long terme.

Si tu as la chance d'aller à la bibliothèque, recherche le livre d'Anne Ciocca, Dire adieu aux manipulateurs. Aussi va lire le blogue Doctissimo.ca, tu y verras plusieurs articles et commentaires sur le sujet.

Je t'encourage à lire sur le sujet avant de passer à l'action. Et je t'encourage, tout simplement!

Photo libre

lundi 7 septembre 2009

Le syndrome de la femme battue, même si t'es pas battue

Savais-tu, fille, que même si ton chum ne te bat pas physiquement, tu peux quand même souffrir du syndrome de la femme battue?

Le chum contrôleur emploie plusieurs techniques pour te manipuler, comme tu peux voir sur le site http://www.womanabuseprevention.com/html/guide_d_evaluation.html (il y a une liste de ce qu'est la violence psychologique).

Je parle ici directement à Alexis. Quand on ne sait plus trop quoi faire, on dit d'aller voir les CLSC. Oui, c'est vrai, quelquefois les CLSC ont tendance à être aussi pertinent qu'un ivrogne en boisson. Mais ils ont des ressources (quand ils réussissent à trouver leur tête avec leurs deux mains) qui peuvent t'aider. Au départ, ils peuvent déterminer si tu subis de la violence psychologique en te montrant une liste des actions contrôlantes. D'un autre côté, tu peux la trouver sur Internet. C'est plus intime.

Si tu te sens triste chaque fois que ton chum te parle, ce n'est pas le but d'une relation. Ton chum doit te faire sentir légère, énergique, fière et comme un papillon qui déploie ses ailes! S'il te fait sentir niaiseuse à chaque idée que tu exprimes, s'il t'empêche de voir tel ou tel ami, s'il te demande de rendre des comptes après tes sorties, s'il ne te donne de la tendresse que lorsque ça lui plaît à lui, il a la graine d'un violent psychologique. Tu t'enfonceras dans une relation qui va dégénérer car le violent psychologique sera nécessairement un violent physique. Peu importe sa grosseur!

Liens à visiter:
http://www.phac-aspc.gc.ca/ncfv-cnivf/publications/fvemotion-fra.php
http://www2.umoncton.ca/cfdocs/saee/psychologie/psychotests.cfm
http://www.deal.org/content/index.php?option=com_content&task=view&id=533&Itemid=32&lang=fr